Casino de Spa

Casinos

1904 - 1910 1904 - 1910 1929 1929 1929
Réalisé

L'ensemble actuel, formé à l'est par le casino et au sud par le Kursaal (salle des fêtes), est l'héritier d'une histoire mouvementée qui débute, en 1902, avec la décision des autorités communales d'agrandir La Redoute, la plus importante « maison d'assemblée et de jeux » de Spa (arch. Barthélemy Digneffe, 1762-1763), devant l'interdiction des jeux qui frappe la ville cette année-là. 

La commande est confiée à Alban Chambon, architecte faste de la bourgeoisie et décorateur ornemaniste d'origine française, auteur du célèbre hôtel Métropole, place de Brouckère à Bruxelles(1892) et alors occupé à la rénovation du casino d'Ostende (1898-1907, démoli). 

La suppression d'un îlot bâti rue Royale (1904) permet de rectifier l'alignement du casino existant en lui adjoignant une nouvelle façade (inspirée par l'ancien édifice) et une longue aile latérale, masquant la salle de bal et le théâtre du XVIIIe siècle conservés, le tout précédé de nouveaux jardins, avec fontaines et kiosque. 

Pour le nouveau Kursaal (2 000 m²), Chambon conçoit, dès1903, plusieurs projets d'envergure – dont au moins deux sont prêts à être exécutés (plans et cahiers des charges finalisés) –, inspirés dans leur forme par les salles du Trocadéro à Paris et de concert à Manheim, et où il prévoit d'employer en façade son matériau fétiche, le grès cérame. Après d'incessantes modifications du programme demandées par le conseil communal (vingt et une au total), il est contraint, en 1906, de réinterpréter le style Louis XVI qui conférera au projet son aspect actuel. Le projet est réalisé en à peine plus de six mois (de janvier à juillet 1908), mais ravagé par un incendie en février 1909, et reconstruit un an plus tard à l'identique. La salle forme un carré de 40 m de côté, sans la scène, avec balcon en fer à cheval. 

En février 1917, la salle de jeux, la salle de bal et le théâtre brûlent, détruisant les derniers vestiges originaux de La Redoute (la grande salle et les façades d'A. Chambon ne sont pas impactées). Les architectes spadois Hansen et Paës sont chargés de la reconstruction (1929), modifiant l'organisation des lieux, comme l'orientation du théâtre, et aménageant les salons rose et bleu à l'emplacement de la salle de bal historique. 

La fontaine des jardins est aménagée en 1955, ornée de quatre bas-reliefs évoquant les fontaines de la Sauvenière, de la Géronstère, de Barisart et du Tonnelet. 

Thomas Moor

Sources
Midant Jean-Paul, La fantastique architecture d'Alban Chambon, Bruxelles : Archives d'Architecture Moderne, 2009.
Krins Vanessa, «Le patrimoine de Spa» dans Carnets du Patrimoine, 2009.