Hôtel Balmoral

Hôtels

1909 1909
Réalisé

Le tramway et l'hôtel Balmoral précèdent le quartier des villas. L'architecte de la « ferme modèle des Sorbiers » opte en 1909 pour une écriture moins démonstrative, qu'il présente comme anglo-ardennaise à son client l'ingénieur civil Joseph Hans. 

Le bâtiment A (au nord-est) est érigé en moellons équarris de grès local,les encadrements de baies et encorbellements en pierre de taille calcaire, et la couverture d'ardoises est percée de lucarnes rampantes, structurée par des pignons à faux colombages. La distribution du rez se fait de part et d'autre d'un couloir longitudinal, amorcé au rez-de-chaussée par un porche dans-œuvre avant le hall de réception, et aboutissant à une annexe pour tea-room de 100 m2 construite en 1911, avec une façade largement vitrée agrémentée d'une avancée demi-circulaire structurée par des colonnes en pierre de taille. À cette occasion, une annexe rez +1 en façade arrière est agrandie pour optimiser les services. Un pavillon isolé est réservé aux cochers. Le plan des chambres, plusieurs avec salle de bain, suit la logique du couloir axial, plusieurs bénéficiant d'une terrasse en bois, les autres de percements différenciés. 

La travée de la brasserie intègre un oriel sur deux niveaux entre des encorbellements supportant l'avancée du pignon correspondant, pour marquer la physionomie de la façade principale en accentuant l'asymétrie de part et d'autre, balcon couvert d'un côté, pan de bois de l'autre. Une excroissance à trois pans également sur deux niveaux assure la liaison avec la façade d'entrée, le porche surmonté d'une terrasse, une baie à croisées signalant l'escalier principal. Les autres façades, plus simples, sont aussi ponctuées de pignons, ce qui faisait six au total. 

Le bâtiment B (au sud-ouest), terminé en 1913, prolonge l'ensemble au-delà du tea-room (en y ajoutant une jonction au premier étage ponctuée d'un petit pignon dans l'axe du tea-room), portant la capacité de vingt-quatre à cinquante-quatre chambres. Plus élevée et plus massive, mais moins travaillée, avec toitures mansardées et nombreuses terrasses en bois sur paires de consoles, cette partie n'a pas l'intérêt du bâtiment initial. 

Des extensions postérieures à la Première Guerre mondiale, disgracieuses, comblent l'espace entre les bâtiments A et B, tandis que le bâtiment A est surélevé de deux niveaux, dans un déni complet de l'esprit d'origine. Ces travaux ne figurent cependant pas dans les répertoires d'Auguste-Charles ni de Charles Vivroux. 

Les deux bâtiments les plus récents ajoutés à l'ouest, avec piscine, restaurant et liai- sons en rez-de-chaussée, sont sans intérêt patrimonial, de même que le bloc de septante-cinq chambres prévu au nord.

 


 

Raymond Balau

Sources
Zurstrassen- Van der Straeten Yves, Les Vivroux : Cinq générations d'architectes à Verviers (1820-1905), Université de Liège, Faculté de Philosophie et Lettres - Histoire de l'art et archéologie, 1988-1989, p.143.
Archives CRMSF, Fonds Vivroux.