Le baron Rolin a de grandes ambitions lorsqu’il achète le bois de Bercuit. Son projet est de transformer le site en golf avec des parties résidentielles, plus ou moins denses totalement intégrées, en extension des espaces paysagers, sans autre clôture que les massifs végétaux. La passion du promoteur pour l’art s’exprime dans le projet de club-house, imaginé initialement autour d’une sculpture monumentale d’Olivier Strebelle. Le parcours de golf, très exigeant, profite des grands dénivelés. Les travaux sont titanesques et seraient totalement inenvisageables aujourd’hui. Les prospectus publicitaires mettent en avant les énormes quantités de terre déplacées, les nombreux arbres coupés dans cette forêt très dense. Autre époque…
Le projet résidentiel, influencé notamment par l’architecte Jacqmain, encourage une mixité de population en imaginant des noyaux de maisons aux toitures affirmées, soucieuses de respecter une homogénéité et une typologie villageoises, ainsi que des grands terrains à bâtir le long du parcours de golf pour maisons de standing qui doivent se fondre dans cet environnement boisé.
Au début des années 1970, le projet immobilier peine à se concrétiser et seule la maison de Paul Rolin sera construite avec André Jacqmain dans l’esprit de ce qu’aurait dû être le projet de village autour du club-house. Le club-house temporaire conçu par l’architecte Raymond Franquinet sera définitif et présente une œuvre de Sofu Teshigahara. En bordure du parcours, André Jacqmain construira les maisons de Brouckère et Laval. D’autres architectes, notamment François Schilling, Henri Montois, Georges et Élisabeth Czyź, réaliseront des maisons contemporaines étalées sur les vastes propriétés dans les pins.
Depuis quelques années, quelques nouveaux arrivants tentent avec leurs architectes (dont Nicolas Schuybroek) de renouer avec cet esprit originel : généreux espaces et matériaux exclusifs dans une enveloppe sobre, basse, horizontale, enfouie dans la végétation.
Samuel Ansiaux