Un espace public rural, par essence, n'a jamais été aménagé. Il s'organise autour d'une pratique qu'un lieu, un objet ou un élément de la nature instituent, tels un lavoir, un banc ou un grand arbre procurant de l'ombre. Les usages changent néanmoins.
Certains paysagistes sont concernés depuis plus d'une dizaine d'années par l'aménagement public dans ces territoires ruraux. Malheureusement, trop souvent sont reproduits des modèles urbains assez cadenassés, généralement largement minéralisés. La requalification de la place de Bellefontaine, noyée auparavant dans un océan d'asphalte et entourée de voiries trop larges, est repensée avec finesse par Étienne Cellier qui s'attache à valoriser le lavoir classé, construit en 1873, et la fontaine en son centre pour réinstaurer un espace de rencontre convivial.
Pour y parvenir, il supprime les rues de traverse et réduit les gabarits de la voirie régionale, afin de définir la placette comportant du mobilier autour du lavoir. Ses observations le mènent ensuite à requalifier l'« usoir », un espace engazonné de forme souple récurrent dans le village.
La zone est carrossable pour recevoir une diversité d'activités, mais est revêtue d'un béton gazon. Matérialité qui peut prétendre à un aspect végétal, mais assure incontestablement une perméabilité du sol. Un grand tilleul est planté, ainsi que des graminées pour leur verticalité.
Le paysagiste amorce également une logique d'alignement d'arbres dans les voiries adjacentes pour les contaminer en douceur.
Cécile Vandernoot
| Sources |
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| «Place de Bellefontaine» sur le site Atelier Paysage, en ligne http://www.atelierpaysage.be/?p=592&cat=20, consulté le 29/08/2022. |
| Archives Étienne Cellier.. |
| Cools Quint & Antoine Danièle, Espaces publics en milieu rural : guide unique pour des aménagements spécifiques, Namur : Fondation rurale de Wallonie, 2019. |