Foyer social de l'ESMA

Centres communautaires

1951 - 1954 1951 - 1954
Réalisé

Ce projet naît à l'initiative de Jacques Lechat, gérant de la société ESMA, pour créer des équipements au service des employés de la société pour leurs loisirs à la fin des années 1940. 

Plusieurs avant-projets se succèdent, véritable laboratoire de création architecturale, pour parvenir à la solution définitive en 1953. 

Le bâtiment sert comme foyer social de l'entreprise qui possède d'importantes installations dans les alentours. Le site est un parc à l'abandon, propriété d'une ancienne résidence située à proximité, préservé et remis en état en y ajoutant des équipements sportifs. 

La construction doit être démontable pour éventuellement libérer le terrain et le rendre au propriétaire. Pour cette raison, le bâtiment est conçu avec une ossature métallique habillée de panneaux de remplissage et de grandes surfaces vitrées. Le programme prévoit à l'étage un grand restaurant, des salles de réunion et de jeux, la cuisine et le logement du concierge. Le niveau inférieur, plus petit, prévoit un accueil avec un bar, des services et une piste de bowling. L'étage déborde largement au-dessous du rez-de-chaussée soutenu par des colonnes métalliques qui surplombent des espaces de jeux extérieurs et le hall d'entrée. 

Du parc, on accède par une passerelle en béton disposée en diagonale qui surplombe un petit plan d'eau entouré de plantes. Dans le hall d'entrée, un escalier en bois et métal domine l'espace avec une silhouette élancée et des couleurs vives. Sur le côté, un grand portemanteau en métal d'une ligne ondulante anime l'espace en résonance à plusieurs détails du hall très dynamique dans un volume à double hauteur (mains courantes, escalier, supports des éclairages, etc.). 

Cette architecture, dessinée bien avant l'Expo 58, est un des plus importants témoins de l'évolution de l'architecture moderne belge d'après-guerre. Une œuvre riche d'intuitions et de solutions qui anticipent les pratiques des années 1950 et 1960. 

Ses qualités spatiales et ses proportions jointes à la remarquable insertion dans le paysage du parc lui donnent le statut d'œuvre de référence. Pendant soixante ans, il est un lieu majeur de la vie sociale de la région jusqu'à sa vente à la commune par le nouveau gestionnaire ORES. 

Laissé à l'abandon, il subit, en 2017 et 2018, deux incendies criminels juste au moment où un projet de rénovation est en cours. Désormais, il ne reste que le portemanteau, quelques meubles et les accès au parc. Et l'espoir de le reconstituer.

Maurizio Cohen

Sources
Thomaes Jan & Cohen Maurizio, Jacques Dupuis, Bruxelles : La Lettre volée : Communauté française de Belgique, 2000, p.34, 138-145.
Balau Raymond, «Auvelais : le pavillon Bastin ?» dans L'avenir, 19 novembre, 2016, p.12.
Flouquet Pierre-Louis, «Le foyer de l'ESMA à Auvelais» dans La Maison, n° 1, janvier, 1955, p.15-18.