Carrière du Moulignat à Villers-le-Gambon
Logement public Bureaux Autres bâtiments industriels
1922 - 1925
1922 - 1925
Réalisé
Villers-le-Gambon est riche en ressources naturelles : eau de source, dolomie et marbre rouge. La Société Anonyme des Carrières de Villers-le-Gambon exploite la carrière de marbre du Moulignat.
Son administrateur-délégué, l'ingénieur Auguste Broussier, met en place une démarche industrielle intégrée allant de l'extraction du marbre à la vente de produits finis en passant par le logement des travailleurs.
Des éléments de cet ensemble industriel rural sont toujours visibles. A côté de la carrière et du terril de déchets, le bâtiment administratif compte deux niveaux. Au rez-de-chaussée, les bureaux, la salle d'exposition et les locaux sociaux: sanitaires et réfectoire. A l'étage, une hôtellerie de 18 chambres et une salle des fêtes. Surplombant le site, le château patronal constitue un imposant volume couvert de toitures s'interpénétrant.
En bordure du noyau villageois, une cité-jardin de vingt maisons s'articule autour d'une placette. Cet îlot d'une grande homogénéité est réalisé par une société de logement à caractère industriel créée par le patron carrier.
Tous les logements sont vendus aux ouvriers. La maison du contremaître se situe dans le prolongement de la cité-jardin. A l'exception de cette dernière, tous les bâtiments sont l'oeuvre de l'architecte Georges Hendrickx (1890-1933).
Formé sur les chantiers de la reconstruction, son langage stylistique mélange fonctionnalité et régionalisme. Les volumes sont marqués de grands pignons en façade et d'un travail des toitures. Les maçonneries en briques rouges au rez-de-chaussée et enduites de crépis clairs à l'étage sont couvertes de tuiles rouges. Tant la silhouette des bâtiments que les couleurs utilisées se démarquent de l'architecture locale.
La carrière est mise en liquidation à la veille de la deuxième guerre mondiale. Une usine de valorisation du bois occupe le site. Des ateliers sont démolis et le bâtiment administratif se dégrade.
Le château patronal est transformé en hôtel. Racheté en 1979 par le CPAS de Philippeville, il est reconverti en sept logements de transit. Bien qu'assurant la pérennité du bâtiment, la rénovation énergétique de l'enveloppe en 2008 a supprimé des éléments architecturaux initiaux.
Jean-Michel Degraeve
| Sources |
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| Hendrickx Georges, «Le village-jardin de Villers-le-Gambon» dans HBM, n° 8-9, 5è année, aout-septembre, 1925, p.142-145. |
| Archives privées Georges Hendrickx. |