Nouveau Kursaal
Casinos
1906 - 1914
1906 - 1914
1937 - 1963
1937 - 1963
1980 - 1980
1980 - 1980
Réalisé
Pour remplacer le premier Kursaal construit par Jean-Joseph Naert en 1880, inadapté et devant laisser place au boulevard Isabelle Brunell réapproprié, Georges Hobé tient compte de la conjonction entre bord de Meuse et départ de la Route Merveilleuse, dans le petit parc au droit de l'ancienne porte de La Plante, pour concevoir, dans un premier temps, un bâtiment monumental dominé par une tour et intégrant une vaste terrasse au-dessus de l'avenue connectant directement les salles de spectacle à la Meuse. Jugé trop cher, ce projet est remplacé par un agencement de deux bâtiments moins volumineux de part et d'autre d'une esplanade ouverte vers l'eau et fermée côté Citadelle par une galerie couverte avec kiosque à musique sur l'axe transversal.
Les bâtiments A et B (détruit) sont clairement structurés en façade par de larges baies vitrées, et en volume par les impératifs de grandes salles ceinturées de galeries, fumoirs et autres espaces de distribution. L'architecture est pensée comme fonctionnelle et modelée pour être vue depuis la Route Merveilleuse comme depuis la rive. Le langage décoratif, avec terrasse couverte rythmée de doubles colonnes, tourelles et clochetons, avancées percées de serliennes et toitures très étudiées avec épis de faîtage aux profils graphiques plutôt « hankariens », correspond à la réputation de Hobé d'être maître dans l'art de couronner un édifice.
Construit par la firme Blaton-Aubert, ce nouveau Kursaal, inauguré en août 1914 (même s'il porte deux chronogrammes MCMXI), a fait l'objet, les décennies suivantes, d'agrandissements par un Alphonse Dethy plagiant Hobé. Les deux corps de bâtiments sont profondément transformés à l'intérieur vers 1937-1938 par Alphonse Dethy et un certain Fobert, avec la firme De Coene, pour la création de salles de jeux, avec ensuite l'adjonction d'un pavillon pour les croupiers, toujours par Dethy en 1953, et, l'année suivante, d'un théâtre d'eau à colonnade dû au paysagiste Dumonceau (avec une sculpture de Nat Neujean) pour refermer l'esplanade en dissimulant un restaurant accolé au bâtiment B. Celui-ci est ravagé par un incendie en 1980, suivi d'une reconstruction sans intérêt par Georges Housiaux, à l'injonction de coller à la volumétrie initiale.
Des agrandissements pléthoriques sont à nouveau programmés par le groupe Ardent (« Namur Casino Resort ») avec, pour conséquence, la démolition sans autre procès du portique d'entrée du parking (démonté de justesse pour être préservé), petit chef-d'œuvre d'architecture de service en symbiose avec les aménagements du promenoir de Meuse.
Raymond Balau
| Sources |
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| Balau Raymond, «Le nouveau Kursaal de Namur, Georges Hobé (1905-1914). Principes décoratifs de l'intérieur» dans Bulletin de la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles, n° 26, Liège, 2015, p.119-130. |
| Balau Raymond, «Le nouveau Kursaal de Namur. Georges Hobé (1905-1914). Principes décoratifs de l'extérieur» dans Les Cahiers Nouveaux, n° 89, Namur : SPW Editions / Wavre : Mardaga, septembre, 2014, p.98-106. |
| Balau Raymond, «Georges Hobé, Kursaal de Namur. L'art de coiffer un édifice» dans La Lettre du patrimoine, n° 22, 2011, p.23. |