Musée Provincial Félicien Rops

Musées

1998 - 2003 1998 - 2003
Réalisé

Le musée est installé dans un ancien bâtiment du centre-ville près de la maison natale de l'artiste. Depuis sa première ouverture en 1964, la collection s'est agrandie, devenant la plus importante au monde. 

Dans les années 1990, les premiers travaux augmentent les surfaces disponibles avec une petite extension sur la parcelle voisine et la conversion d'un ancien atelier au fond du jardin du musée. 

En 1998, un concours international est organisé pour repenser les espaces et leurs rapports à la ville. Le projet gagnant de Filip Roland utilise la logique du parcours multiple qui doit permettre d'apprécier le travail multiforme de Rops, de raconter sa vie et son contexte, mais aussi d'avoir une approche thématique de son œuvre : la satire sociale, la caricature, l'univers érotique, le refus des conventions bourgeoises, la botanique... 

Le musée fonctionne par domaines séparés où tout le parcours est une invitation à la curiosité et à l'introspection plutôt qu'une lecture directe et littérale des œuvres. On est plongé dans l'univers qui nous parle de l'artiste grâce à une mise en scène fondée sur les illusions et les renvois visuels. Les murs du périmètre sont ainsi habillés de toiles et d'étoffes selon une pratique courante du XIXe siècle qui visait à neutraliser la surface d'accrochage, comme lors des « Salons des refusés ». En revanche, les parois centrales sont dépouillées et peintes avec des à-plats de couleur pour regrouper des œuvres autour de thèmes. Ce double dispositif invite le visiteur à la déambulation et à la découverte profitant des contrastes de la mise en scène. 

Plusieurs tables et caissons lumineux accompagnent les accrochages et présentent des dessins et d'autres documents qui complètent les informations. Dans l'espace de l'entrée et sur les murs centraux des étages, des percées sont réalisées pour dynamiser les perceptions, créant des perspectives inattendues et multipliant les effets de profondeur de champ visuel. Ces découpes suggèrent une autre lecture de l'œuvre de Rops, créant une continuité entre les espaces d'exposition. 
 

Maurizio Cohen

Sources
Cohen Maurizio, «Etoffe de l'Eros» dans A+, n°186, Bruxelles, février-mars, 2004, p. 40-45.
Kieckens Chr., «Filip Roland pour Félicien Rops» dans Les Nouvelles du Patrimoine, n°87, Bruxelles, juillet-aout-septembre, 2000, p. 30-31.
Cohen Maurizio, le Musée Félicien Rops, Bruxelles : communauté française de Belgique, 2005, p. 40-45.