Sur un terrain en pente près de la Citadelle, cette maison joue des particularités de la parcelle pour s'y implanter sans que le sol soit trop travaillé. Elle pivote de 45° par rapport à la voirie pour profiter d'un meilleur ensoleillement et se scinde en deux volumes pour s'adapter au dénivelé.
L'habitation n'est d'abord perceptible que partiellement : le volume de biais par rapport à la rue, légèrement en saillie et élancé, abrite l'escalier éclairé par une large baie. La composition de cette façade génère un accueil intime que renforce l'auvent créé par le retrait du mur. Le second volume exploite encore le terrain, disposant les pièces de séjour une demi-volée plus haut que l'entrée, au même niveau alors que le jardin. Le living avec feu ouvert est de plain-pied avec la salle à manger.
Sa toiture à un pan est couverte d'ardoises grises. La construction met en œuvre béton armé et maçonnerie de moellons, schiste dans le pavage des accès le long de la maison et sapin rouge verni pour les menuiseries.
Prévu à l'origine pour deux personnes seules, le programme se développait sur deux niveaux correspondant à deux appartements avec cuisine, d'où le volume de circulation greffé à ces plateaux indépendants.
Dans les courriers de Bastin adressés à Mlle Delmez, enseignante à l'école sociale de Namur, se dessine l'évolution du projet final qui rend une cohabitation possible sans que cela ne soit plus d'actualité.
Cécile Vandernoot
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| Roger Bastin architecte 1913-1986, Sprimont : Madraga, 2001, p. 66. |