Villa Les Arondes

Habitation unifamiliale

1903 1903
Réalisé

Médecin-chef de l'institut Saint-Martin (asile des Frères de la Charité, arch. J. Haché), le docteur Oscar Swolfs fait bâtir une villa non loin de la Meuse, le long du ruisseau d'Amée. 

Érigée en moellons de calcaire, tantôt homogènes, tantôt panachés de moellons gréseux, elle comporte plusieurs caractéristiques du langage de Georges Hobé. La terrasse couverte marquant l'entrée sur un vaste hall-séjour est prolongée par un ensemble d'appentis, des mouvements de toiture signalant le séjour et la cuisine (terrasses et annexes se déploient sur plus de la moitié du pourtour). Un oriel d'angle polygonal sur deux niveaux, entièrement en pierre de taille, est surmonté par une toiture pyramidale. 

Autre configuration récurrente : une petite travée d'angle à pan coupé à 45°, percée d'une fenêtre et surmontée d'un encorbellement à ressauts moulurés aux assises profilées en courbes et contre-courbes, suspendu sur le pan coupé et inscrit dans un triangle dont le sommet correspond à la naissance de l'angle des façades, le tout ponctué de discrets ornements ; la baie d'angle est, en outre, inscrite dans un triplet de fenêtres. Un jeu de lucarnes variées anime la toiture, certaines agrégées à des souches de cheminées. La plupart des pièces ont une double orientation. 

Hobé amplifiait les ouvrages en bois pour un dialogue varié avec la maçonnerie dans un savant équilibre entre simplicité constructive et plaisirs visuels, pas toujours rationnel, mais sans sophistications inutiles. Cette villa fait l'objet de deux planches dans Petites Maisons pittoresques vers 1908 (et d'un visuel dans la revue Le Home à la même époque). Signée et millésimée, elle a malheureusement été transformée. 

Une annexe à toit plat (Interbellum ?) est greffée au rez-de-chaussée vers le jardin aménagé en parking. L'essentiel du volume de la villa est préservé, même si la plupart des volets ont disparu, le hall a été divisé et une extension sous la terrasse couverte dénature ponctuellement l'intérieur et l'extérieur ; le garde-corps de cette terrasse couverte a été refait approximativement. Tout cela est réversible et l'endroit gagnerait à un retour au pristin état.

Raymond Balau

Sources
Petites maisons pittoresques, Paris : Librairie d'architecture Ducher et fils, 1908, pl. 30-31.