Maison du docteur Jadoul
Habitation unifamiliale Cabinets médicaux / dentisterie
1952 - 1953
1952 - 1953
Réalisé
Le chanoine Lanotte est à l'origine des premiers contacts entre Bastin et le docteur Jadoul. Régulièrement, l'architecte reçoit la mission de trouver un terrain pour ses clients. Dans ce cas-ci, il le persuade plutôt d'acquérir le terrain voisin. Sans doute pour sa déclivité plus prononcée. Le site est exceptionnel.
Les sépultures mérovingiennes retrouvées lors du chantier l'attestent. L'habitation s'intègre au versant de la colline qui était auparavant une carrière de schiste. Pour l'architecte, s'intégrer au site ne signifie pas disparaître dans le paysage ou l'imiter servilement pour s'y confondre, mais veut plutôt dire assumer des formes géométriques simples qui, à partir des particularités du terrain, vont créer des lieux à une échelle familière.
Des pierres extraites sur place sont mises en œuvre et participent à construire l'évidence de l'implantation. L'utilisation de matériaux traditionnels locaux et de techniques plus récentes a souvent participé à qualifier l'architecture de Bastin de « régionaliste ».
La notion de régionalisme se distingue du modernisme par la référence au lieu dans lequel l'architecture s'inscrit. On assimilera davantage ses édifices aux architectures dites régionalistes et modernes d'Erik Gunnar Asplund et d'Alvar Aalto dans les pays scandinaves : admirables synthèses architecturales tirant du site tout son potentiel.
Le programme mixte est composé de l'habitation et du cabinet médical. En partie haute du terrain, la zone de jour et de nuit complétée de services occupe un long volume que deux toitures recouvertes de bardeaux de cèdre (shingles) différencient. En débord, des terrasses couvertes agréables prolongent le salon et la cuisine.
Le cabinet est en contrebas et orienté vers la rue, perpendiculaire au volume principal, sous une toiture d'un seul versant. Les fenêtres, interrompant les murs de moellons, comportent des parties vitrées et pleines en bois. Toutes ont reçu une attention dans le dessin des châssis et le choix de leurs dimensions.
Le bandeau étroit et en hauteur, notamment, qui illumine la salle d'attente et, ailleurs, la fenêtre remarquable qui éclaire d'une belle lumière du matin la pièce entière consacrée à l'escalier, à l'articulation des volumes.
Cécile Vandernoot
| Sources |
|---|
| François Jean, La maison wallonne en site rural, Liège, 1972, p.45. |
| Bontridder Albert, L'architecture contemporaine en Belgique : le dialogue de la lumière et du silence, Anvers : Hélios, 1963, p.20. |
| «Habitation Jadoul, à Villance» dans La Maison, n° 8, août, 1966, p.235. |