Georges Hobé a travaillé pour Léopold II, via la Liste civile, au Golf Club de Ravenstein ou à celui du Coq-sur-Mer, aux alentours du Chalet royal d'Ostende, puis au château de Ciergnon et enfin au Domaine d'Ardenne, où il établit, en 1908, des relevés détaillés, mais sans suite de la Tour du Rocher (Alphonse Balat, 1843, dynamitée en 1971) et de la Tour Léopold (Alphonse Balat, 1878).
Un mystère subsiste quant à « l'annexe à la Tour du Rocher », érigée pour le personnel de la baronne Vaughan, une « conciergerie » préfabriquée, qui aurait été construite en trois semaines. Son ossature en résineux intègre dans un colombage sans décharges, modulé sur la huisserie, des plaques d'asbeste-ciment Eternit, brevet de l'Autrichien Ludwig Hatschek, repris en 1903 par des industriels français, suisse et par le Belge Alphonse Emsens (société Etex), avec production à Haren dès 1905.
Le plan des menuiseries extérieures et intérieures se trouve dans le Fonds Hobé des Archives d'architecture moderne à Bruxelles. Le nom de Hobé figure sur un plan d'égouttage conservé aux Archives du Palais royal, mais cette bâtisse sans cuisine reste éloignée de sa pratique habituelle. S'agirait-il d'un projet expérimental ? L'ossature fait-elle aussi l'objet d'un brevet ?
La symétrie axiale presque complète, les trois cheminées affirmées assurant le contreventement, le fort contraste entre structure et remplissage des façades, ou la fermeture cintrée d'avant-toit contribuent à une image claire et efficace, de même que l'établissement sur un soubassement en moellons locaux organisé en demi-niveaux, qui assure la distribution des nombreuses chambres autour de l'escalier. Les façades de la partie haute intègrent un bardage ardoisé qui contrebalance les masses aux subdivisions orthogonales.
La physionomie d'ensemble est marquée par une géométrie régulière adoucie de détails constructifs soignés, comme les linteaux taillés en fronton surbaissé, les consoles galbées des baies du rez-de-chaussée, les solives formant encorbellement, les bandeaux très élaborés en saillie entre ossature à remplissage Eternit et pans ardoisés ou, encore, les finitions décoratives, de la zinguerie ou des souches de cheminées.
Les volets ont disparu, la terrasse couverte a été fermée pour grandir le séjour, et deux fenêtres côté Tour ont été transformées en portes-fenêtres vers une terrasse ajoutée, mais la configuration initiale est sauve, dont on devine l'intéressant contraste avec l'austère Tour du Rocher.
Non loin se trouve un double garage avec locaux attenants, construit suivant les mêmes principes, un poteau sculpté séparant les portes coulissantes.
Raymond Balau
| Sources |
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| Lemineur Henri, Le Château Royal d'Ardenne : Houyet oublié, Bruxelles : Médialem, 2004. |