Au milieu des champs se dresse une architecture ascétique. À l'époque de la construction, la vue porte jusque Sorinne-la-Longue, il s'agissait d'affirmer la présence de cette maison qui sert à la fois de galerie et d'atelier d'artiste, de tenir quelque chose dans le paysage.
Le commanditaire, ayant lui-même pour client la firme Ronveaux à Ciney, souhaite utiliser son système préfabriqué de panneaux de façade autoportants avec isolant incorporé. Chaque panneau de béton mesure 2 m de large et comporte un raidisseur central longitudinal reporté à l'extérieur. L'usage de cet élément libère de grands pans de mur à l'intérieur pour y étendre les toiles que l'artiste, Christine Nicaise, peint, en revanche, à même le sol (une chape de béton lissé).
Toujours dans une même logique d'économie de moyens et d'efficacité structurelle – une « architettura povera », dira l'architecte –, une charpente indépendante composée de six fermes en acier porte la toiture en bâtière d'Eternit ondulé. Elles génèrent une colonnade latérale intéressante dans l'usage, et la dernière travée abrite un espace extérieur.
À l'intérieur, les pièces du rez-de-chaussée communiquent sur une surface de 16 × 12 m. Cette liberté de déplacement, les baies verticales – trouvant leur rythme dans la rigueur de la structure – y participent : chacune donne accès vers l'extérieur protégé par la toiture débordante. Une partie de l'étage est en mezzanine, sur un espace profitant de la double hauteur.
La matérialité du sol s'adapte à cette sensation d'espace souhaitée, ainsi le caillebotis métallique n'altère en rien la qualité du vide. Les propriétaires actuels (depuis 2000) ont modifié certains éléments, mais ont préservé l'essence du lieu.
Une partie de l'habitation étant devenue un showroom de meubles démontre toute la flexibilité de cette architecture fonctionnelle, intemporelle.
Cécile Vandernoot
| Sources |
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| Escarmelle, en ligne http://www.escarmelle.be, consulté le 01/02/2020. |
| Archives Raymond Balau. |