L'église paroissiale Saint-Joseph constitue une des œuvres maîtresses d'Henri Beyaert, déjà auteur, en 1872 dans la même commune, du château néogothique aujourd'hui complètement dénaturé. De style néoroman, elle se distingue particulièrement par le traitement de l'espace intérieur caractérisé par un appareillage de grès et de pierre bleue en alternance qui confère à l'ensemble une intéressante vibration chromatique.
De plan basilical, l'église présente une nef centrale dont la perspective est visuellement coupée par un jubé sur arc plat qui marque l'espace du chœur du reste de l'église et que surmonte un haut calvaire. L'intérêt du bâtiment est rehaussé par l'intervention de l'architecte Paul Hankar sur les ferronneries (exécutées par le ferronnier d'art Prosper Schryvers dès 1880) et pour le mobilier (banc de communion et confessionnaux en 1893). Hankar se formait alors à l'atelier Beyaert, contribuant aux côtés de l'architecte Paul Jaspar, stagiaire comme lui, aux épures des grilles au square du Petit Sablon à Bruxelles (18791890).
Ainsi, pour l'église de Saint-Joseph, la grille de communion, la rampe de la chaire de vérité, les pentures de porte, le pan de verre en grisaille (qui sépare la chapelle de la famille Sauvage-Vercours et le chœur de l'église) et les supports d'éclairage sur les colonnes témoignent-ils tous du talent de dessinateur de Hankar – et de l'attrait pour le fer forgé qu'il mettra en œuvre ultérieurement avec virtuosité dans la construction d'hôtels particuliers à Bruxelles, à commencer par sa propre maison en 1893 (rue Defacqz, 71 à Saint-Gilles) qui marquera l'éclosion de l'Art nouveau belge.
Jean-Paul Verleyen, Thomas Moor
| Sources |
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| Loyer François, Paul Hankar. La naissance de l'Art nouveau, éditions Archives d'architecture moderne, 1986, p.61. |
| «Banque Images du Service Public de Wallonie» sur le site Banque Images, en ligne http://lampspw.wallonie.be/, consulté le 01/02/2020. |