Maison Schoonbroodt

Habitation unifamiliale Ateliers d'artistes

1973 - 1983 1973 - 1983
Réalisé

Dans la famille Schoonbroodt, tout tourne autour de la musique. Hubert Schoonbroodt est un musicien et organiste célèbre, et son épouse Nelly et leurs trois enfants sont également musiciens professionnels.

En 1973, Charles Vandenhove, ami de la famille, leur construit une maison dans un quartier paisible à proximité d'Eupen. La maison est constituée de douze colonnes en béton – trois rangées de quatre  – sur lesquelles reposent des poutres en acier qui supportent le toit. Des panneaux en fibrociment à l'amiante sont suspendus et vissés sur ce squelette. 

Grâce à l'utilisation de matériaux principalement préfabriqués, le chantier ne dure que six mois. Chaque colonne a la forme d'un cône tronqué qui rétrécit vers le haut. Les huit colonnes situées le plus à l'extérieur sont placées devant la façade. Malgré la méthode de construction industrielle, ces colonnes se combinent au surplomb massif du toit en bâtière pour donner à la maison l'allure d'un temple. 

À l'intérieur, le rez-de-chaussée se compose d'un espace en L accueillant la cuisine ouverte, la salle à manger et le séjour. Les murs, lambrissés de chêne, disposent de grandes baies vitrées donnant sur le jardin. Un sculptural escalier octogonal mène de la partie habitation à une mezzanine où se trouvent les chambres. 

Outre la maison, Charles Vandenhove a également signé une grande partie du mobilier. Dix ans après, l'architecte conçoit également un pavillon de musique en briques blanches, relié à l'habitation par une construction en verre. Le massif toit pyramidal repose sur treize colonnes disposées sur la périphérie et les diagonales du plan carré. 

Le rez-de-chaussée comporte une salle de répétition et de concert de double hauteur surplombé d'une mezzanine au-dessus de deux chambres et une salle de bains. Sur les colonnes en marbre noir poli qui s'arrêtent à la mezzanine reposent des colonnes massives en bois et la structure de poutres en bois. Le sol serti de marbre et de céramique suit, lui aussi, la géométrie rigoureuse du projet. Ce pavillon introverti n'est éclairé que par une fenêtre de toit et les portes-fenêtres situées dans l'angle, par où l'on entre. Le vitrage peint en rouge et bleu confère à cet espace une ambiance sacrée. Plusieurs disques ont été enregistrés dans ce pavillon réputé pour la perfection de son acoustique. 

C'est par ailleurs une Gesamtkunstwerk puisque, au-delà de l'architecture, Vandenhove conçoit également le mobilier, les lampes et même l'orgue et le clavecin.


 

Lisa De Visscher

Sources
«Maison Schoonbroodt à Eupen» dans Charles Vandenhove, une architecture de la densité, Liège : Mardaga, 1985, p.105-108.
Aron Jacques & Burniat Patrick & Puttemans Pierre, L'architecture contemporaine en Belgique : guide, Bruxelles : Les éditions de l'Octogone, 1996, p.135.