Un petit hameau condruzien où le temps semble s'être arrêté, des habitants profondément attachés au lieu. La maison est construite en remplacement d'une autre, plus ancienne et insalubre.
Le souvenir de l'ancienne maison reste présent : on entre par l'arrière tout comme dans la précédente, sur le mode campagnard, une véranda au sud faisant la transition utilitaire avec le jardin et constituant un tampon solaire simple et efficace. Le rez-de-chaussée est terrien et protecteur, solidement structuré, à la lumière romane. Au contraire, l'étage est ouvert vers le ciel et baigné de lumière. En montant, la structure s'allège et se résume à une seule colonne centrale, qui acquiert donc une grande présence. Le caractère du hameau rural, la prédominance du paysage naturel et agricole, la modestie et la relative homogénéité du bâti local ont amené un volume très simple, similaire à ses voisins dans son implantation, ses lignes de force, ses proportions, ses tonalités.
La recherche architecturale se situe plutôt dans la réinterprétation constructive d'un type de maison local et traditionnel : prédominance de l'enveloppe pleine, puissance des pignons, rythmique élémentaire, sublimation du vocabulaire immuable de l'architecture : le mur, la fenêtre, la porte, la colonne, l'arc, le toit.
La maçonnerie en blocs de béton apparents et les éléments constructifs ouvragés en petit granit du Condroz reprennent les textures et tonalités du contexte.
Aloys Beguin
| Sources |
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| Nizet François, «Une maison, un architecte» dans L'évènementiel immobilier, n° 71, novembre, 1992, p.33. |
| Fauconnier Jean-Marie, Revue Architecture et vie, n° 29, 1989. |
| Beguin Aloys, «Maison Royer-Beguin» dans A+, n° 102, 1989, p.33. |