Cailteux René

Nothomb, 1926-2019

Originaire d'un village aujourd'hui attaché à la commune d'Attert, René Cailteux est diplômé de l'Institut supérieur des arts décoratifs La Cambre à Bruxelles. Il y reçoit l'enseignement de Louis-Herman De Koninck et Victor Bourgeois et se distingue en cours de résistance des matériaux. 

Il débute sa carrière en travaillant pour des entreprises de construction. Dans ce cadre, il participe à la réalisation du pavillon de l'aluminium pour l'Expo 58 à Bruxelles et à celle d'un prototype de bâtiment scolaire pour les colonies. Dans les années 1960, il s'installe à Marche-en-Famenne. 

Sa première réalisation dans la région est une maison de retraite. Au même moment, il rénove et étend la maison des étudiants de l'Institut supérieur commercial et consulaire (ISCC) de Mons, grâce à laquelle découle une série de commandes, dont l'école des Ursulines, un peu plus tard, le campus des Facultés universitaires catholiques de Mons (FUCa, anciennement ISCC) et, à Marche, l'école Saint-Remacle et l'institut NotreDame (actuellement ELMA). Son architecture affirme une rationalité constructive simple faite de volumes parallélépipédiques, dont la structure visible est en béton, les maçonneries en briques apparentes, les façades libres. 

En 1973, il travaille au Centre culturel et sportif de Marche (CCM). Influencé par l'architecture scandinave, il y introduit des éléments plus organiques, aussi bien dans le dessin du plan par la structure en épis autour de rues intérieures (CCM, école la Fourche) que dans le détail constructif (traitement de la brique dans le CCM, utilisation de bois lamellé-collé pour le préau de l'école Sainte-Julie-ELMA). À cette période, en association avec Étienne Dethise, et Philippe Lecocq, les extensions des écoles communales de Waha, Hollogne et On répondent à un esprit plus humaniste. Les trois dossiers sont partagés et Philippe Lecocq finalisera l'extension de l'école de Waha. Un autre aspect de sa personnalité est son sens des affaires : il collabore étroitement avec les entreprises pour maîtriser le coût de la construction. 

En 1976, il dessine un immeuble de promotion résidentielle pour Marche-en-Famenne pour Louis Duchêne comprenant huit étages hors sol et deux étages enterrés avec un système d'ascenseur à voiture. Notons encore qu'il réalise, avec le groupe Structure de Bruxelles, la base militaire de Marche-en Famenne (1974-1978) et, selon ses propres dires, une partie de la base de Florennes. 
 

Anne-Sophie Nottebaert